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Abraham ben Samuel Aboulafia naquit à Saragosse en 1240, il passa sa jeunesse à Tudela en Navarre. Son père lui enseigne l’étude de la Bible et de ses commentaires, de la grammaire, de la Michna et du Talmud. Il entreprend des études de médecine et de philosophie, et plus particulièrement les ouvrages de Maïmonide par lequel sa pensée restera toujours très influencée. Aboulafia rédigera même un commentaire mystique sur son "Guide des Egarés".
Il commence bientôt à étudier la Kabbale et, plus particulièrement du Sefer Yetsirah dont il lira les douze commentaires. Il entre alors en contact avec un groupe de kabbalistes mystiques qui lui enseignent les trois méthodes d’interprétation de la Kabbale : le Notarikon (acrologie), la Guematria et le Tserouf.
A l’âge de 31 ans, à Barcelone, il est touché par l’esprit prophétique après avoir obtenu la connaissance du Vrai Nom de Dieu. Il est alors persuadé d’avoir atteint, par la méditation des lettres et des nombres l’inspiration prophétique et l’état de Messie. Il quitte à nouveau l’Espagne afin de transmettre, fort de l’essence divine qui l’animait, ses connaissances. Il rédige plusieurs ouvrages prophétiques qu’il signe de noms de même valeur numérique que son vrai nom : Zacharie, Raziel, …
Il se rend au Proche-Orient afin d’y découvrir l’emplacement du fleuve Sambation au-delà duquel on supposait que les Dix Tribus perdues demeuraient. En effet, selon la tradition messianique, le Messie devrait rechercher et retrouver les tribus perdues afin de les ramener en Palestine et réunifier ainsi le peuple d’Israël. L’arrivée des Mongols dans la régions et les troubles qui s’en suivent obligent Aboulafia à repartir pour l’Europe et il passe ainsi dix ans en Grèce et en Italie.
En 1280, il entreprend un voyage à Rome afin de se présenter devant le Pape et discuter avec lui "au nom des juifs" et le convertir à sa doctrine messianique et réaliser l’œuvre du Messie devant réunir les trois branches abrahamiques pour réaliser les prophéties de la Fin des Temps. Dans cette entreprise il a sans doute été influence par les écrits de Nachmanide : "Quand le temps de la fin arrivera, le Messie au commandement de Dieu viendra vers le Pape et lui demandera la libération de son peuple ; alors seulement le Messie sera considéré comme réellement venu, mais pas avant cela." A l’annonce du projet d’Aboulafia, le Pape Nicolas III donne l’ordre d’arrêter Aboulafia et de le mettre à mort. Mais la disparition subite du pape lui sauvera la vie. Aboulafia relatera cette épopée dans son ouvrage "Le Livre du Témoignage".
La Cabale est la troisième couche de la tradition juive : il y eut la torah (et certainement une tradition orale avant l'établissement de la torah écrite), puis le talmud par dessus, qui ne contredit pas la torah, et enfin la strate de la cabale, qui ne contredit pas le talmud. A cette époque, Moïse de Léon rédigea une œuvre monumentale, le Zohar, qui ne visait qu'une élite mais devint très populaire. Et d'autre part, Abraham Aboulafia entreprit de diffuser auprès du grand public sa technique de prière, mais ses écrits restèrent tout à fait confidentiels. |
| En effet, on voit tout particulièrement, avec cet exemple, que l'esprit, tout entier occupé par cette tâche, rompt ce faisant, avec son inclination à l'association mentale. Cette technique a l'avantage d'être suffisamment compliquée pour monopoliser toutes les ressources de l'intellect. Comme toutes les méthodes mystiques, elle lutte contre le principe de divagation de la pensée. |